Melun – Tour Magne Nîmes
Melun : samedi 22 août 2026 7h10
Nîmes : jeudi 27 août 2026 16h35
952km, 12078d+, 5j9h25m
Samedi22, 7h10 : après un bref debrief par Elisabeth et la photo de départ, les 29
participants du départ groupé se sont alignés et le go a été donné. Waouh, ça roule dans les
rues de Melun. Personne n’a rejoint la gare où se trouve le point de départ officiel de la trace.
Juste traverser le pont sur la Seine et viser le sud !
Trace 1, KM 1.9 : le groupe est déjà bien éclaté, je ne vois plus celui qui me précède, d’autant que le brouillard recouvre complètement les champs de blés coupés que l’on traverse. La sensation est étrange. Le froid est bien là. C’est comme si l’automne avait soudainement fait son apparition après les semaines de canicule que l’on vient de vivre.
KM 1.22 : on retrouve les bords de la Seine, et je peux enfin mieux avancer même si le sentier sablonneux tente d’aspirer mes roues. S’en suivent quelques tronçons routiers qui permettent de se voir enfin avancer. Le but inavoué est de faire un maximum de km les deux premiers jours sachant que de sérieuses perturbations avec de gros orages sont prévues les 3eme et 4eme jours, ce qui ne me permettra pas d’avancer franchement dans les terrains plus difficiles qui nous attendent après Clermont-Ferrand.
KM 1.34 : je traverse la passerelle de StMammès tant vue sur les photos et vidéos des participants précédents. Yes j’y suis !
KM 1.45 : nouvelle portion plate le long du Canal du Loing. Ouf, c’est monotone mais il fait beau. La chaleur s’installe petit à petit et le compteur s’emballe. Voici déjà Nemours. Je ne m’arrête pas puisque j’ai fait le choix de rouler chargé avec suffisamment de ravito liquide/solide pour m’éviter des stops improvisés autant qu’intempestifs. Une écluse, deux écluses, trois écluses…je ne les compte pas mais ces jalons me montrent que les km s’égrainent. Quatre, cinq, six, sept et je gagne le KM1.75. Déjà 6km le long de la voie de chemin de fer et la longue section de plat sera terminée.
KM 1.89 : après quelques km dans la forêt, la traversée de Montargis est vraiment urbaine avant de rejoindre les bords du Canal de Briare.
KM 1.129 : waouh, je découvre le site historique de Rogny-les-7-écluses et profite d’une pause ravito sur la rive gauche, puis gagne la rive droite sur la trace.
KM 1.156 : quelle fin de première trace, voici la Loire que je ne connaissais pas. Large et paisible avant l’entrée dans Châtillon-sur-Loire. La sécheresse des semaines précédentes la laisse apparaître calme et sinueuse autour des îlots de terre que l’on aperçoit.
Trace 2 : le profil s’accentue et les montées commencent. 600d+ dans la première moitié. Heureusement, les routes et chemins sont praticables et pemettent de garder une moyenne raisonnable.
KM 2.20 : on laisse Savigny-en-Sancerre à notre gauche, avec l’objectif d’attaquer bientôt la butte sur laquelle se perche Sancerre que l’on voit de loin.
KM 2.38 : 20h05, ben oui…une pause s’impose…je m’allonge quelques minutes sur un banc de la butte, le temps d’apprécier les couleurs d’un soleil qui va tirer sa révérence. Je ne m’éternise pas car je veux profiter des dernières lueurs pour avaler les 25 prochains km plats le long de la Loire.
KM 2.67 : mission accomplie, la nuit se pose, il est 22h, je rentre dans La Charité-sur-Loire. Même si l’effort jusqu’ici a été conséquent, je me vois bien le prolonger sur les 33km qui me séparent encore de Nevers où je ne devrais pas avoir de mal à trouver de quoi me loger !
KM 2.102 : ce fut long mais tant attendu, j’arrive, direction l’IBIS. Je rentre. Le réceptioniste m’annonce complet. Grrr. Il téléphone pour moi. 2 autres possibilités sont aussi complètes. On est samedi et un match à captivé les foules. J’essaie une 4eme possibilité 2km plus loin et c’est aussi complet. Je décide alors de sortir de la ville pour planter ma tente.
Trace 3, KM 3.2 : je viens d’abattre 259km, il est 2h10. Je trouve un fossé le long de la trace, après le quai de Médine, juste de quoi s’arrêter pour dormir sans trop s’éloigner.
Dimanche23, KM 3.2 : il est 7h10 (tiens juste 24h après le départ !), ravito, tente, matelas, sac de couchage, je viens de dormir 3 grosses heures et c’est reparti. Il fait bien froid, faut que je roule ! Cela se met bien, les 30 premiers sont plats et permettent de pousser un coup. Entre 17 et 22 de moyenne, c’est au dessus des 16 que prévoit mon planning.
KM 3.18 : je traverse le Canal Latéral à la Loire pour quitter la trace et trouver un petit déjeuner. L’homme me renseigne le village suivant avec une boulangerie. Vivement y être !
KM 3.24 : 8h50, boulangerie de Fleury-sur-Loire, hors trace, mais j’y ai fait le plein de sucré/salé et liquide.
KM 3.28 : fini la belle vie le long de l’eau, les choses sérieuses commencent. Ce matin j’ai croisé Jean-Pierre et un autre participant qui m’ont salué et dépassé en flèche. Ils roulent rapide et léger, avec des vélos affutés, plutôt que lourds et au long cours. Bref, ils ont dormi à La Charité et sont étonnés de ma progression… Jean-Pierre m’a lancé « Ils nous ont gaté avec la traversée des bois…pas de tout repos, hein ?! ». Oui, l’obscurité de la nuit m’a forcé à digérer ces km les uns après les autres avec prudence et humilité, sans me rendre compte de la taille démesurée du tronçon.
KM 3.63 : 11h45, entrée dans Avermes par le parc industriel et McDo, de quoi recharger les batteries après un petit déj qui est passé bien trop vite ! Pause de midi pendant 20min.
KM 3.70 : Moulins, arrêt ravito boissons… et 2 muffins chocolat de chez Patapain ! Go go go. Quel boost, je n’ai pas vu l’après-midi défiler, ni les km.
KM 3.127 : Charroux, 18h00, il était temps de passer à la trace suivante.
Trace 4 : rouler les 80km suivants jusque Clermont pour y passer la nuit parait utopique. J’en conclu que j’avancerai à ma guise jusqu’à trouver un coin tranquille où me poser pour la nuit. Le terrain est valonné et je ne peux me soustraire à l’idée que majoritairement cela va
monter, avant le plongeon final vers Clermont.
KM 4.36 : le bord de la trace me semble propice à un arrêt. Je suis à proximité de Les Forges, il est 22h et je totalise 165km, pour un total de 423 sur la trace. Quelle avancée ! Presque la moitié en 2 jours. Ne rêvons pas trop, le plus dur reste à venir car météo et
terrains s’annoncent rebels !
Lundi24, 4h30 : la tente est mouillée, pas d’orage mais quelques gouttes éparses sont là pour rappeler que le pire arrive. Eveillé, j’interroge le radar météo sur les précipitations. Les simulations m’annoncent de la pluie sur le sud de Clermont au milieu de l’après-midi. Si je pars suffisament tôt, je pourrais être assez loin que pour y échapper. Bon plan. Je décide de tout replier et rouler ces km tant que les conditions le permettent. Ce sera ça de pris avant que les éléments ne se déchaînent. KM 4.36, 5h00, j’ai quitté et je roule.
KM 4.47 : en quittant LeBouy, la pluie à commencé. Ni une ni deux, je pousse le vélo dans l’entrée d’un sous-bois et sors mon tarp. …et je suis resté là au sec durant 2h. Le ciel ne s’est pas dégagé mais il ne pleut plus. Même s’il serait plaisant de profiter des allentours à vister – on est dans le région des Puys – il est temps que je profite de la descente vers Clermont.
KM 4.82 : la descente est courte et pentue. En avoir profité est un grand mot, car c’est raide, détrempé et urbanisé, ce qui impose des arrêts fréquents.
Trace 5 chargée : je ne m’éternise pas, le but est d’avancer avant la nouvelle vague de pluies.
Première butte au km9 avec 129d+, puis trace le long de l’Allier, avant, au km33, une deuxième butte de 127d+, pour finalement se lancer au km 35 sur 251d+.
KM 5.14 : me voilà au bord de l’Allier, le temps n’est pas rassurant et les orages approchent.
KM 5.53 : je traverse Issoire et les jardins du centre ville nous inviteraient à la flânerie si le temps le permettait. L’espace est magnifique. Faudra revenir, car pour l’heure cela va pêter. Demi-tour, je vise l’IBIS en bordure de l’autoroute A75.
KM 5.56 : 16h30, je suis rentré. « Vous tombez bien, vous avez entendu les annonces pour ce soir ? » m’indique le réceptionniste. Je me retourne et vois à l’écran notre département et ceux qui l’entourent en alerte orange pour les orages ! 16h40…les avaloirs du parking débordent sous les trombes d’eau qui s’abatent sur toute l’esplanade.
Mardi25, 2h30 du matin : les orages ont grondé toute la nuit. Au loin, le bruit sourd du tonnerre semble encore se perdre, mais il ne pleut plus. Go go go, on y va.
KM 5.56 : 3h10, je quitte Issoire après avoir retrouvé la rue Notre Dame des Filles…On est bien derrière le front froid. Mes manchettes et mon buff sont bien nécessaires d’autant plus que les heures les plus froides sont encore à venir en cette fin de nuit. Quelle tempète et quel déluge ces dernières heures ! Sur les routes, des coulées de graviers montrent l’importance des quantités d’eau tombées. Sur les chemins, ce sont de véritables ruisseaux qui se sont créés, emportant avec eux tout sur leur passage. J’y ai échappé ! Je ne me souviens pas des 250d+qui m’ont emmené sur les hauteurs de Bergonne, assurément une formalité dans la nuit froide. Viendra ensuite un 100d+ vers les hauteurs de Beaulieu avant une lente montée progressive vers Massiac.
KM 5.106 : content, j’atteinds Massiac. Il est 7h30, je viens de rouler 4h30 et j’ai l’impression comme d’avoir survécu au pire’. Bien sûr l’air est frais et le sol est détrempé partout, mais le vent chasse les nuages et des éclaircies s’installent timidement. Tantôt mes pneux larges sont un avantage certain dans ces descentes de fous sur ces chemins tortueux et me font oublier que je suis chargé, tantôt ils me pénalisent franchement dans les sentiers herbeux, sabloneux ou sur route, ou en montée.
Trace 6 : je vais voir jusqu’où me portent mes jambes après ces 50 premiers km déjà réalisés. Viser St-Flour ou l’aire d’autoroute ‘sortie 32 de l’A75’ serait parfait. C’est sans compter sur un 600d+ qui m’attend, et je ne sais pas à quelle sauce je serai mangé. Je sais juste que je ne pourrai compter que sur moi-même pour les ravitos car la région est désertique. Point positif, ce seront principalement des revêtements asphaltés qui me permettront d’avoir l’impression d’avancer.
KM 6.8 : un banc salvateur avant la montée,…et j’ai poussé le vélo sur 6km en 1h20. Bah ça fait partie du challenge. Mieux vaut gérer que s’exploser ! Dès que la pente me semble à nouveau raisonnable, j’enfourche le vélo et reprends consciencieusement l’ascension.
KM 6.47 : Murat, enfin j’y suis. Ce petit village au rues étroites semble bien être l’oasis tant attendu pour nos ravitaillements. Compter 1km de plus vers la sortie du village pour trouver à 13h le supermarché qui fera le bonheur de tous. J’y suis rentré avec mon vélo pour le poser à l’intérieur et faire le plein de boissons en tous genres : eau, sucré et protéiné, et 4 cakes frangipanes. 20min plus tard je suis reparti.
KM 6.51 : après une nouvelle heure de HikeABike, j’ai atteint 7km plus loin le Col de la Molède qui jouxte le Puy de la Molède à 1384m. Rebelotte au départ du village d’Albepierre au KM 6.60 où 45 min à pied m’ont emmenées au dernier sommet de la journée, de quoi voir
la suite plus sereinement.
KM 6.89 : 18h05, je me suis arrêté à l’entrée de StFlour. Je scrute la carte. Non, je ne m’arrête pas ici, je continue. J’ai traversé la ville sans m’arrêter alors que l’ambiance aux terrasses m’y invitait. Avant une heure ou une petite quinzaine de km, je devrais trouver un
bon repas du soir et mon prochain logement.
KM 6.99 : 19h10, 150km au compteur à LePirou, je me suis déporté de la trace pour joindre un hôtel à proximité de l’autoroute A75. Quel bonheur ! Douche, logement aux petits soins, et repas à la carte où le chef cuisto m’a préparé perso deux assiettes de pâtes et poulet.
Mercredi 26, 4h15 : réveil après une excellente nuit. En quelques minutes, je suis dehors et rejoins la trace sur le pont qui enjambe l’autoroute, KM 6.99 à 4h30. Globalement j’ai profité à la lueur de mon phare de 8km de descente dans lesquels j’ai aperçu sous les lueurs de la presque pleine lune l’immensité du Viaduc Eiffel de Garabit. Quel bonheur de pouvoir traverser ce site touristique sans une seule voiture et slalomer à souhait sur la route déserte !
KM 6.111 : arrêt sous le viaduc où j’ai avalé de mes provisions un semblant de petit déjeuner, sachant que les 15 prochains km me réservent 275d+ pour LaGarde.
KM 6.123 : LaGarde, 7h10. Il est encore tôt, je charge la trace suivante.
Trace 7 : 84km que je devraient pouvoir dépasser dans la journée en profitant de quelques nouveaux tronçons roulants sur bitume. Pour avoir cherché où m’y ravitailler dans leurs abords, je n’y ai pas trouvé grand-chose, sans doute à l’image de cette diagonale que l’on
appelle ‘du vide’, ou celle d’espaces naturels à perte d’horizon.
KM 7.10 : StChély d’Apcher, il est impératif que je m’y arrête. Je suis rentré dans le supermarché qu’on m’a indiqué au sud et en suis ressorti 1/4h plus tard avec des réserves pour la journée entière.
KM 7.57 : et hop, me voilà 45km plus loin, après 500d+ qui semblent être passés comme si de rien n’était. Les paysages sont magnifiques. On sent le sud se rapprocher. Les couleurs changent. …et certaines de ces toutes petites routes sont si agréables qu’on voudrait s’y perdre !
KM 7.85 : On est au milieu de l’après-midi, et je ne veux pas trop savoir où. Je n’ai pas vu de panneau indicateur, et lance à un passant « Bonjour Monsieur, on est où ici s’il vous plait ? ». Il me répond : « Mende ! ». Ok. Je ne dois surtout pas me laisser tenter par un arrêt, même si la trace 7 se termine ici. Pour une première fois, je me surprends à réfléchir à ma progression en fonction de l’arrivée. Il est clair que les 175km qui me séparent de Nîmes seraient un bien gros morceau à réaliser dans la seule journée de demain. Avançons jusqu’à trouver où dormir, ou je sortirai la tente.
Trace 8 : J’ai encore suffisamment de ravito en tout genre et les 2 ascensions qui m’attendent (montée Jalabert et suite au départ de Langlade), m’incitent à poursuivre léger.
KM 8.2 : 12% puis 14…sous les 30 degrés du milieu de l’après midi, ce n’est évidemment pas un choix. Tôt le matin aurait été plus intelligent. Après 2,5km de descente, la dernière montée s’annonce. Pareille. Au total 1h45 de marche où j’ai avantageusement déposé mon sac à dos sur les fontes.
KM 8.18 : voici le sommet, 3h15 viennent de s’écouler.
KM 8.42 : 1h15 plus tard, la descente a été exceptionnelle. 24km de pur bonheur, des pointes à plus de 50km/h, mais surtout quantités de paysages à couper le souffle. Passage au Belvédère de la nuit des temps. Les Cévennes sont là ! Traverser le Tarn et entrer dans Florac.
KM 8.43 : 20h30, avant de chercher où dormir, je cherche une pizza à emporter. On m’indique le dernier petit resto ouvert où le four n’est pas encore éteint… Un quart d’heure plus tard je repars avec 2 deux ‘4 fromages’, de quoi assurer les réserves. 22h00, j’ai cherché en vain un hôtel où un réceptioniste pouvait encore m’accueillir. Finalement j’ai échoué dans les jardins du Grand Hotel du Parc. Je me suis posé sur un banc pour y déguster mes pizzas. 23h30, tout le village se fige dans la nuit tombée trop tôt. Je me suis assoupi avec l’idée de quitter au plus tôt, dès que j’ouvrirai l’œil, pour mon dernier tronçon vers Nîmes.
Jeudi 27 : 3h du matin, il me reste 130km. Je devrais arriver dans l’après-midi.
KM 8.47 : la trace sur la Voie Verte des Cévennes longe la Nationale N106 et semble la traverser sur le tracé de mon GPS. Un autre chemin parallèle m’induit en erreur et 2 aller- retour sont nécessaires pour m’assurer d’être sur le bon chemin…sans toutefois avoir emprunté la nouvelle passerelle aménagée et qui longe bien la N106 dans le tournant suivant. Grrr.
KM 8.63 : Barre-des-Cévennes, oui c’était bien le dernier gros d+ du périple avec 400m à grimper sur 20km,sans doute aussi le dernier rempart avant la vue sur la plaine et la mer, même si celle-ci est encore à 100km à vol d’oiseau.
KM 8.77 : LePompidou. 7h40, le village dort encore. Pas de boulangerie en vue, mais j’en profite pour déjeuner avec ce qu’il me reste….sur la place de la Mairie, dont la porte est entrouverte, comme une invitation à rester davantage. Je charge la nouvelle et dernière trace.
Trace 9 : Au mieux dans 4 à 5h je suis là, au pire fin d’après-midi.
KM 9.2 : quelques gouttes de pluie tombent et je décide de m’abriter sous les bois en retrait du chemin. Quelle n’est pas ma surprise de voir un cycliste bikepacking descendre la route. Je l’appelle et lui demande s’il participe au challenge Tourmagne. Il se tourne vers moi et je reconnais Jean-Pierre ! Que dire ? On papote 2min et s’échange nos dernières impressions. Finalement, en regard de nos pronostics d’arrivée, il me propose de m’accompagner jusqu’à l’arrivée….et le bonheur fut total ! Dans la descente, on roule côte à côte et nos récits nous font revivrent 5 jours d’épopée commune. On en oublierait la beauté remarquable de la vallée du Gardon de Saint-Jean.
KM 9.9 : StAndré de Valborgne, il n’a pas déjeuné et m’offre un cola sur la place du village.
KM 9.34 : StJean-du-Gard, c’est l’occasion d’un nouvel arrêt, dans une boulangerie cette fois-ci. Pâtisseries et sandwichs feront l’affaire. Reste 65km. L’arrivée approche et petit à petit le sentiment que cela se termine grandit.
KM 9.56 : on laisse Lézan à notre gauche. La côte, aussi courte soit-elle avec ses 200m de long, nous a bien ralentit. Certaines portions bien ‘gravel’ demandent encore toute notre attention. D’autant plus qu’un vent de face puissant dans les espaces dégagés s’invite depuis le sud en vrai trouble-fête. Qu’à cela ne tienne, il ne nous reste plus qu’une quarantaine de km. Le paysage a changé. La trace aussi. Notre route s’agrémente de noubreux gauche-droite et vice-versa. On peut réellement décompter les km qui restent. Jean-Pierre, plus rapide, me précède, et j’ai l’impression que l’arrivée est proche. On va la partager, arriver ensemble
après 950km. S’en réjouir à deux, et c’est décupler le bonheur de bientôt la vivre et la partager.
KM 9.84 : on traverse Gajan, reste 15km. Jean-Pierre qui manquait d’eau se détourne vers le cimetière. …et on a tous les deux cherché le robinet pour finalement le trouver le long d’un mur intérieur. On est reparti les bidons pleins.
KM 9.90 : les derniers km sont bien ‘gravel’ et toute notre vigilance sera nécessaire jusqu’au bout.
KM 9.99 : quand va-t-on apercevoir la Tour ? Dernier assaut ! Dernier mur, environ 30m à monter dans cette rue en pente raide, enfin, elle se découvre, comme un point d’exclamation au bout d’une phrase, soudaine et imposante. Jean-Pierre et moi la contournons par la
gauche en rentrant dans le parc. On stoppe à son pied. Quelques promeneurs assistent à notre arrivée sans trop comprendre. Pour eux nous traversons le parc une après-midi de fin août, pour nous c’est l’aboutissement d’une traversée gigantesque, mais oh combien
surprenante et envoutante. On y est, on fige le moment avec quelques photos et petit à petit le vide s’installe. Nuit à Nîmes pour ce soir. Retour dans nos chez nous demain.
…et rêves de ces lointaines traversées pour après-demain !
Un patou à ma poursuite au milieu de la nuit -je l’entends encore galoper sur le bitume-, deux dobermans dans nos roues entre Jean-Pierre et moi -surtout ne pas s’arrêter-, un faisan curieux et courant à mes côtés sans relâche, une dizaine de chevreuils, un blaireau, un ou deux renards, hérisson et autres encore, des oiseaux à n’en plus finir, des ombres et lumières à l’infini, la lune en accompagnatrice, un soleil au levé et au couché, des senteurs incomparables et des émotions prenantes sont là pour saluer ces paysages magnifiques, la grandeur et l’immensité des espaces traversés. Plus que partout ailleurs, ce sont les cadeaux les plus précieux que le TourMagne offre à celui qui traversera ces contrées jour et nuit.