Jacques Frioud

Jacques Frioud

Il y a 20 ans avec un copain, j’avais traversé la France en vélo d’Est en Ouest, spontanément et sans entrainement. J’en ai gardé de beaux souvenirs, sans toutefois continuer sur ma lancée. Mais l’idée de relever un défi de ce type est restée dans ma mémoire. Je me suis remis au vélo de manière sérieuse il y a 2 ans. Ce printemps, je m’achète un Gravel et commence à surfer sur internet pour m’inspirer. Entre les épreuves d’ultracylisme et autres courses commerciales ne m’inspirant guère, je tombe au hasard des algorithmes sur votre projet – merci infiniment – de faire revivre l’épopée des deux précurseurs de cette discipline à la mode qu’est devenu le bikepaking. Ca y est, j’ai trouvé LE défi qui allait m’aNîmer ! Quitte à partir seul. J’en touche toutefois un mot à mon copain Vincent, sans trop y croire. Il est partant! Reste à trouver la fenêtre temps. Ca sera la première semaine de juillet. Logements réservés à l’avance.

Départ en train de Suisse jusqu’à Paris. Puis « prologue » jusqu’à Melun dimanche 30 juin, sur le même type de chemins que le challenge Tourmagne. A la différence près qu’en banlieue parisienne, à la sortie du bois, il y a des routes bien fréquentées. Je freine in extremis pour éviter une voiture. Moment fort qui a bien failli faire avorter notre périple avant même de l’avoir commencé! Cela reste le seul incident à relever sur le parcours. Sinon rien d’imprévu, aucune casse, crevaison. A part peut-être durant l’étape 3 probablement sous-estimée. La fringale du copain et l’impératif de rejoindre le camping pour 18h30 nous décident à quitter la trace. Il y a une marge de tolérance (98%), c’est l’occasion! Bon, pour le coup je crois bien qu’on l’a dépassée, cette marge de tolérance. Dommage. Hormis cet épisode, le Vincent est toujours fort et je peine vraiment à le suivre dans les parties roulantes. A un moment, je commence à douter de ma capacité car j’ai l’impression d’aller de moins en moins vite. Les 2-3 premières journées ont en effet été compliquées pour moi, je sentais mes jambes se raidir. Car j’axe presque tout mon entraînement sur la montée, la sollicitation musculaire n’est pas la même. Mais enfin, juste après Murat, je retrouve mon terrain de prédilection et me surprends à dire, sur une route à 11-13% que je récupère! Mes jambes tournent toutes seules et le Puy de la Molède n’est qu’une formalité. Moins pénible que les chemins de halage! Oui, le défi Tourmagne est à ma portée. Sur la longue descente de St. Flour, je plane.

La diversité des paysages est impressionnante. On le doit d’abord à la géologie mais rappelons ici que sans l’agriculture et plus particulièrement le pastoralisme, le paysage serait beaucoup moins attrayant. Merci donc à vous paysans et locaux qui entretenez ce pays. Il me plait de contempler vos vaches, en particulier les races locales mieux adaptées au territoire (Salers, Aubrac). Les villages typiques façonnés entièrement en pierre sont magnifiques, même si parfois certains ne sont plus, à l’instar des croix de pierre, qu’un décor qui a perdu son sens.

Mais revenons à notre Tourmagne. Nous sommes partis juste après Jacques B., qu’il nous plaisait de suivre sur geo.zefal en comparant nos performances, un peu comme l’histoire du lièvre et de la tortue. Je devinais parfois la trace de ses pneus vtt sur les chemins mous. En poussant un peu plus loin la réflexion, ne pouvait-on pas imaginer aussi celles de Marie-Antoine et Léon?

Avec mon ami Vincent, nous avons vécu une riche aventure faite de beaucoup de hauts et de peu de bas. L’humeur était toujours bonne et cette aventure en appellera d’autres. Et c’est sous la pluie, peut être par égard aux challengeurs partis plus tôt ce printemps, qu’à 19h30, ce samedi 6 juillet, la tour Magne aura fini par capituler devant tant d’obstination.

Jacques Frioud

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