S’il y a une chose qui m’a vraiment marqué pendant ce Challenge, c’est la diversité des paysages et des chemins.
J’ai vraiment eu l’impression de changer de décor en permanence. Des chemins sablonneux, caillouteux, forestiers, des pistes blanches, grises, rouges… On passe d’un terrain à l’autre sans vraiment savoir ce qui nous attend quelques kilomètres plus loin. Et puis il y a les endroits que l’on découvre au fil du parcours. Le pont de Garabit m’a particulièrement marqué, tout comme certains villages traversés comme Saint-Flour, Saint-Chély-d’Apcher ou Mende. À vélo, on prend le temps de regarder et on découvre ces endroits autrement. Côté météo, je ne vais pas me plaindre. Elle a été plutôt clémente dans l’ensemble, à part le premier jour qui a été assez costaud. Du vent de face pendant plusieurs dizaines de kilomètres, puis de la pluie sur la fin. Le long du chemin de halage, le vent était tellement fort qu’un arbre est même tombé sur le parcours. Il a fallu descendre du vélo et l’enjamber pour continuer. Les jours suivants, les matinées étaient plutôt fraîches, ce qui permettait d’avancer tranquillement et de faire pas mal de kilomètres avant que la chaleur arrive. Parce que passé Clermont-Ferrand, les après-midi sont devenues beaucoup plus chaudes, avec jusqu’à 38 °C certains jours. Et avec un vélo chargé, dès que ça montait, je prenais rapidement cher. Je me souviendrai longtemps des trois premiers kilomètres de la montée après Molompize. En plein cagnard, avec le dénivelé et le vélo chargé, j’étais rapidement dans le dur. C’est typiquement le genre de moment où tu te demandes ce que tu es venu faire là ! Au niveau du vélo, finalement, pas grand-chose à signaler. Je n’ai eu aucun problème mécanique important pendant les six jours. La seule vraie mésaventure est arrivée dès le premier jour avec mon pneu arrière qui était pourtant tout neuf. Une entaille sur le flanc et plus question de continuer avec ça. J’ai donc dû trouver un vélociste à Montargis pour le remplacer. Une fois le pneu changé, plus aucun souci jusqu’à l’arrivée. Le vélo était quand même assez chargé puisque j’étais parti avec tout le nécessaire pour pouvoir camper. Sur les portions roulantes, ça allait, mais dans les côtes, le poids se faisait bien sentir. Il fallait forcément emmener tout ça avec soi, mais à certains moments, j’aurais bien aimé avoir quelques kilos en moins ! Et puis il y avait aussi le bonhomme à gérer. Le lendemain de la première journée, après avoir terminé sous la pluie, j’ai pris un bon coup de froid. Rien de bien méchant, mais ça m’a quand même un peu ralenti. Au cinquième jour, c’est le fessier qui a commencé à sérieusement protester. Avec les kilomètres qui s’accumulent, les cloques ouvertes et les douleurs, les dernières journées ne sont plus tout à fait les mêmes. Il faut composer avec et continuer à avancer. Et puis il y a eu la chute dans une « ribin ». Une belle gamelle sur le coude et l’épaule qui, elle aussi, me laisse encore quelques souvenirs aujourd’hui. J’ai toujours des douleurs à l’épaule, notamment quand je respire fort. Un petit passage chez l’ostéo sera certainement nécessaire pour remettre tout ça en ordre. Malgré tout ça, j’ai réussi à respecter à peu près le découpage que je m’étais fixé au départ. Je terminais généralement assez tôt, vers 18 h 30 en moyenne. L’objectif était de ne pas tirer inutilement sur la machine et de garder suffisamment de temps pour récupérer avant de repartir le lendemain. Avec ce genre d’aventure, je pense que c’était important. On peut toujours faire une grosse journée, mais derrière il faut être capable de remettre ça le lendemain, puis encore le jour d’après. Il y a forcément eu des moments de doute. Avec la fatigue, la chaleur, les douleurs, les côtes et les petits pépins, il y a des moments où on se demande vraiment ce qu’on fait là. Mais finalement, on repart. On avance, parfois moins vite que prévu, mais on avance. Et puis les kilomètres passent. Au final, je garderai vraiment un très bon souvenir de ce Challenge du Tourmagne. Il y a eu des galères, de la fatigue, quelques douleurs et des moments où j’ai un peu pesté, mais c’est aussi ce qui fait partie de l’aventure et la satisfaction d’être allé jusqu’au bout est forcément là. Une belle aventure, avec ses imprévus, ses bons moments, ses coups de moins bien… et surtout beaucoup de souvenirs à garder. Un grand merci à toute l’organisation du Challenge Tourmagne pour cette magnifique aventure ! Une organisation au top, une belle trace et un énorme travail en coulisses pour nous permettre de vivre cette expérience. Bravo à toute l’équipe et merci pour tout !
