Marie

Marie

L'idée initiale était de faire une nouvelle itinérance hivernale à vélo.
Pourquoi ?
Pour sortir un peu de notre zone de confort ?
Pour être décalés dans les territoires traversés ?
Pour partager une aventure avec 3 autres "boundary junkies" ?
Pour créer un lien privilégié avec les habitants, rarement indifférents à notre passage à cette période de l'année ? (Le choix de voyager dans le froid interroge beaucoup)
Pour montrer que le vélo, c'est partout, tout le temps et par tous les temps ?
...

Cette journée du 15 février restera la plus aventureuse du périple. D’abord à cause des conditions météo, mais surtout parce qu’il s’agissait de la portion la plus élevée du tracé, culminant à 1 480 mètres.
Dès la veille au soir, à St Alban sur Limagnole, les questions se multiplient - sans réponses immédiates.
La route sera-t-elle praticable demain matin vu les températures négatives annoncées et l'humidité ambiante ?
Pourrons-nous atteindre le col du cheval mort ? Sur le vélo ? En poussant le vélo ?
Pourrons nous redescendre vers le lac de Charpal ?
Sera-t-on confrontés à un obstacle qui nous obligera à faire demi-tour ?
La question "où dormirons-nous ?" n'est même pas d'actualité avant la mi-journée tant les incertitudes dominent. Une chose est sûre : une fois cette étape passée, la suite devrait être plus simple.

Finalement, nous roulerons différemment ce jour là. Et nous apprendrons beaucoup.
Rouler sur le verglas : adopter une vitesse lente, bannir les à-coups, "lire la route" en repérant les zones susceptibles d'offrir un peu d'adhérence.
Utiliser le vélo en mode draisienne ou en mode trottinette dans la neige - encore faut-il une pente suffisante pour que la gravité nous aide, ce qui n’est pas vraiment le cas dans la descente vers le lac de Charpal, trop douce pour être efficace.
Découvrir que le gel peut bloquer les câbles dans leurs gaines.
Comprendre qu’en hiver, pour pouvoir s’hydrater, on compte sur une bouteille isotherme et pas sur de simples bidons.

Et puis, au cœur de cette rudesse, il y a ces instants suspendus, le luxe des choses simples. Un bar chaleureux ouvert à Saint-Denis-en-Margeride, un beau feu qui crépite dans l’âtre, une galette posée sur le comptoir avec un discret « servez-vous ».

Dans ces moments-là, le froid, les doutes et l’incertitude ne sont finalement pas importants. Il ne reste que l’aventure partagée.

L’itinérance hivernale, ce n’est pas seulement rouler dans des conditions difficiles. C’est accepter l’inconnu, composer avec les éléments, et redécouvrir l’intensité des plaisirs simples.  Seule, je ne me serais jamais lancée dans ce périple à vélo, la force du collectif a tout changé. Cette aventure n’aurait tout simplement pas existé sans mes trois coéquipiers.



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