Ce que j’ai le plus apprécié durant ce voyage, c’est l’absolue tranquillité : quoiqu’on emprunte environ 50% de routes (à la louche), celles-ci sont tellement reculées et perdues qu’on n’y croise quasiment pas de voiture (j’ai roulé la première semaine de juin, donc hors saison, ce qui favorise certainement cet isolement). Il est vrai que si les chemins sont minoritaires en distance, j’ai eu le sentiment d’y passer la majorité de son temps : entre la boue et la caillasse du Cantal et de la Margeride, je n’avançais pas vite (et pour le coup, la route était un vrai répit…).
A vrai dire, je crois même que j’ai croisé plus de marcheurs (sur le chemin de Compostelle, en particulier) que de cyclistes !
J’ai beaucoup aimé que le parcours trouve un juste compromis, à mon sens, entre défi sportif (finalement assez abordable si on se donne le temps de le faire à son rythme : il n’y pas de difficulté insurmontable, pas de gros col très pentu, etc.) et parcours touristique : si on le désire, on peut simplement en suivant la trace visiter le palais ducal de Nevers ou les deux superbes églises de Bédouès, par exemple. On peut bien sûr aussi passer outre et foncer, chacun son plaisir.
Pour ma part, j’avais prévu de faire le Tourmagne l’an dernier, mais devant la météo humide, j’avais renoncé. Cette année, je me suis décidé à partir malgré des prévisions à peine plus encourageantes, et bien m’en a pris : j’ai eu la chance d’éviter les orages, je n’ai eu somme toute que deux jours de pluie (sur huit) dont une belle averse en montant le col du Cheval Mort. Mais cette matinée sous l’eau n’a pas été désagréable pour autant, et figure peut-être parmi mes meilleurs souvenirs (ou au moins, parmi les plus marquants) avec une arrivée à Mende certes crotté, mais sous le soleil !
Autre bon souvenir : un arrêt à la boulangerie à la sortie de Murat avant d’attaquer la montée à Albepierre. L’endroit ne paie pas de mine vue de l’extérieur, mais l’intérieur est une caverne d’Ali Baba bourrée de jeux de société ! En plus, les brioches sont excellentes, et il fallait bien ça pour venir à bout du col qui m’attendait : pas insurmontable, certes, mais tout de même un poil longuet, d’autant plus qu’arrivé au col, je me suis trompé d’embranchement et en ai remis une couche pour grimper plus haut… Bah, quand on n’a pas de tête, il faut des jambes !
