Tomtom

Tomtom

Ce Challenge du Tourmagne, que dire ?
Pour les pressés : la trace est superbe. Vous verrez des paysages magnifiques, roulerez au calme, presque sans voiture. Allez-y les yeux fermés !

Pour les plus curieux, voici mon récit.

Cela faisait environ deux ans que je cherchais un créneau pour ce voyage. Fin septembre, une semaine d’accalmie après des semaines de pluie : c’est maintenant ou jamais — sinon, il faudra attendre le printemps prochain !
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Jour 1 – Préparatifs et départ
Vendredi matin, préparation du vélo pour un départ idéalement vers midi… mais vu l’état de la machine, il m’a fallu un peu plus de temps.
On étale tout sur la table, on regarde le tas, et on se dit : “Tetris ! Faut que ça rentre.”
Finalement, départ à 14h. Traversée de la forêt de Fontainebleau, et… à peine 4 km plus loin, pneu arrière crevé. Il était en fin de vie, forcément. Ça commence bien !
Direction Moret-sur-Loing et son confluent entre la Seine et le Loing, puis les quais du canal. Je finis par repasser en chambre à air : le pneu refuse de se sceller malgré le préventif et les mèches.
C’est parti pour une centaine de kilomètres le long des canaux du Loing puis de Briare. Une belle averse vers Nevers, et la pluie m’accompagne jusqu’après Rogny-les-Sept-Écluses — magnifique, même de nuit.
Je monte la tente dans les bois d’Ousson, à l’abri du vent. Il est 22h, le compteur affiche 6°C : ça promet pour le Massif Central.
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Jour 2 – Vers Saint-Pourçain-sur-Sioule (220 km prévus)
Réveil à 6h. Traversée de la Loire et petit-déjeuner à la boulangerie. Il fait 3°C au plus froid.
Sancerre se profile, son vignoble aussi — et quelle montée pour le centre-ville ! Le groupe SRAM Apex 11V ne pardonne pas, mieux vaut avoir des poumons solides.
À la sortie, un superbe pont métallique d’ancienne voie ferrée, puis direction Nevers… enfin, presque : les chemins sont gorgés d’eau, j’avance en crabe.
Pause à la Fontaine de Vaux, haut lieu de Résistance, pour nettoyer la transmission. Pas très chaud, pas très sec, mais au moins il ne pleut pas.
Prochaine étape : Moulins. Je m’offre une pizza bien méritée et repars de nuit. La sortie de Moulins par le pont illuminé de rouge est superbe, avec son passage bas sous la culée qui débouche sur une digue pavée — magique.
Je poursuis sur un single génial le long de l’Allier, avant de planter la tente vers Chemilly, dans un champ détrempé par la rosée.
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Jour 3 – Saint-Pourçain, Charroux et Clermont-Ferrand
Réveil à 7h, 3°C à nouveau. Un magnifique lever de soleil et une pause salvatrice dans une boulangerie à Châtel-de-Neuvre.
Les chemins restent boueux, une trace VTT est même balisée pour une course plus tard dans la journée. À Charroux, je profite du cimetière pour faire une toilette au vélo : freins et transmission sont couverts de boue.
Pause insolite dans un salon de thé du village (le jeu de mots était involontaire, promis).
Je crois croiser Suricat, un autre Challenger, mais il ne m’entend pas. On ne se reverra pas.
Les pistes deviennent plus sauvages à mesure qu’on s’approche du Puy-de-Dôme, visible depuis un moment déjà ; on finira à son pied.
La descente sur Clermont se fait par la route — un peu décevant, j’aurais bien pris quelques singles plus joueurs.
Arrivé en centre-ville, je mange chez Big Fernand. Accueil royal : vélo à l’intérieur, recharge offerte.
Rassasié, je repars avant la nuit pour trouver un bivouac. Après l’Allier, un brouillard épais donne aux bois un aspect féerique. Je monte la tente près du Château de Chadieu. Il fait 9°C, presque doux… sauf que j’ai la mauvaise idée de finir un sandwich mayo de deux jours. Mauvais calcul.
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Jour 4 – Du sandwich maudit à Murat
Nuit compliquée, réveil glacial à 3°C. Toutes les couches y passent.
Montpeyroux est charmant, mais la butte de la carrière de Pradines réveille les jambes ! Les crêtes qui suivent offrent une belle récompense.
À Issoire, un motard sympa me prête une clé de 4 pour ajuster les freins (plaquettes neuves depuis deux jours, déjà rincées).
Je reprends des forces — sans mayo cette fois.
Le passage par Lanau et ses deux châteaux est superbe. Pause sieste au soleil sur un banc le long de l’Alagnon.
Massiac approche, halte au Café du Nord : une portion de rugbyman, difficile de repartir !
L’arrivée sur Murat en fin d’après-midi est splendide. Plein fait à l’Intermarché, puis réflexion : pousser jusqu’à Saint-Flour ? Pas d’hôtel pour une arrivée tardive.
La montée après Murat, sur une petite route sans voiture est plaisante. Je m’arrête finalement à Albepierre, à l’hôtel Le Plomb du Cantal. On y mange et on y dort divinement bien.
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Jour 5 – Vers Mende et la “Jaja”
Petit-déjeuner royal, enfin au chaud. 3°C dehors et un brouillard à couper au couteau : je manque de percuter un troupeau de vaches en descente !
Saint-Flour, puis le viaduc de Garabit — majestueux. Peu de circulation jusqu’à Mende, que j’atteins vers 18h. Demi-pizza en main, je découvre sur le groupe Telegram que “le petit coup de pédales” après Mende est en réalité… une sacrée grimpette. Ma trace ressemble à Snake sur un 3310.
Mais la vraie montée commence seulement après Saint-Étienne-du-Valdonnez. Nuit noire, seul dans la montagne. Le phare éclaire le torrent et les parois rocheuses — moment suspendu.
Au sommet, le plateau désertique est balayé par le vent. Je coupe la lumière : il n’y a plus que la lune et les étoiles. Magique.
Je termine le restant de ma pizza en me réchauffant tant bien que mal (5°C), puis descends vers Florac, où je plante la tente au-dessus du Tarn, là où il fait un peu meilleur.
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Jour 6 – Le final vers Nîmes
Le matin, tout est fermé. Je patiente au café le temps que le Carrefour ouvre pour ravitailler : il n’y aura rien avant Saint-Jean-du-Gard.
Et ensuite… que du bonheur. Quelques montées épiques, notamment après Saint-Julien-d’Arpaon, mais aussi des descentes fabuleuses.
Des routes sinueuses à souhait jusqu’au Pompidou, puis une descente mémorable. Une règle d’or ici : profitez à fond !
La suite est globalement descendante jusqu’à Nîmes, avec encore quelques pistes pour pimenter la fin. Traversée d’un beau parc, puis, après un dernier effort, la Tour Magne se dévoile enfin 5 jours 1 heure et 25 minutes après mon départ.

Ce n’est pas encore la fin du voyage pour moi. Je rejoindrai de la famille près de Allauch sur la Côte le lendemain vers 13h et 160km de plus dans les pattes.

Merci à tous ceux qui ont contribué à dépoussiérer cette trace. Mais tout de même, chapeau bas à nos deux valeureux aventuriers qui nous ont tous précédé avec du matériel d’un autre temps !

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