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Quelques semaines avant le grand jour, ma bécane est enfin prête, montée, terminée. Aurais-je imaginé, ne serait-ce une seule fois, être capable d’assembler un vélo. Se lancer dans le challenge du Tourmagne n’est-il en fait que la suite logique de cet audacieux projet ? A bien y réfléchir j’ai vraiment besoin d’évasion. Car il faut être un peu fou pour monter son vélo soi même lorsqu’il y a encore dix ans en arrière, je ne faisais pas la différence entre un plateau et une cassette. Aujourd’hui il est là, flambant neuf, rutilant dans sa robe en titane. Ce fut comme un jeu de Lego. Assembler des petites pièces une par une, à la manière d’une maquette dans sa chambre d’enfant. Et au final s’apercevoir que ce n’était pas si difficile que ça. A un moment je me suis cru mécanicien, technicien et même ingénieur. Il aura fallu quelques déconvenues tout de même pour me remettre les pieds sur Terre et m’éviter de sombrer dans l’arrogance. Je décidais donc de rester humble face à cette machine. Après tout c’est sur elle que j’allais devoir m’élancer sur les routes et les chemins tracés par Léon Giran-Max et Marie-Antoine Barret en 1897.  Je prends donc le départ mercredi 10 juillet vers 11h00 sous un ciel gris. La météo ne s’annonce pas exceptionnelle. Cependant les premiers coups de pédales font vite oublier les angoisses et le stress des jours passés. Quitter la région parisienne par la forêt me plonge très rapidement dans un autre monde. J’y suis, je roule sur un parcours vieux de 127 ans ! Les paysages défilent, les images se figent dans ma mémoire. Parfois la fatigue et les difficultés du tracé gravel atteignent le moral. Mais rapidement au détour d’un virage, un panorama grandiose vient remettre du carburant dans les jambes. Comme ce viaduc de Garabit réalisé par Gustave Eiffel, que Giran-Max et Barret ont découvert à peine dix ans après sa mise en service. Un point de vue à couper le souffle ! 

Parfois ce sont des rencontres impromptues, comme ce couple de retraités qui promène leur âne et leur chèvre, qui viennent ponctuer les longues heures de pédalage. Les kilomètres s’enchaînent et les émotions me gagnent par vagues successives. Je passe par tous les états pour finalement obtenir peut-être ce que je cherchais au cœur du site remarquable de la cham des bondons. Le Puech d’Allègre et le Puech de Mariette me font tourner la tête et oublier toute la fatigue. La Lozère m’emporte vers un dépaysement total. Je ne rêve plus d’ailleurs, je le vis. Grâce au Tourmagne, j’ai vécu ces quelques jours comme un véritable retour à l’enfance, du pur bonheur et de l’insouciance sur ma bicyclette, seul avec comme compagnons les papillons, les lapins et les parfums des moissons. Oubliés les fracas du monde et les tumultes du quotidien. Bon sang, qu’est-ce que ça fait du bien. Oui, je le clame haute et fort, le vélo est un jeu d’enfant et sur ma bécane l’espace d’une semaine j’avais dix ans !

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