Pierre, le Concurrent (avec enthousiasme maladroit)
« Ce challenge… il est très bien… il est beau… il est… magnifique ! »
Cyrano de Tourmagnac (s’avançant, sourcil levé)
« Ah non ! C’est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire… oh ! Dieu ! bien des choses en somme,
En variant le ton — par exemple, tenez :
Pédant : N’eût-il pas mieux valu, pour la postérité, nommer ce défi : Challenge de la Turris Magna et non ce diminutif barbare de Challenge Tourmagne qui sent l’abréviation de cancre !
Descriptif : C’est un roc ! C’est un pic ! C’est une péninsule ! C’est la traversée entière — que dis-je — la conquête du Bourbonnais altier, du Massif central en fête, des Cévennes sauvages où le vent vous empêche de souffler, de penser, et même de jurer !
Lyrique : Ô monts ! Ô cols ! Ô routes qui n’en finissent pas ! L’Auvergne vous regarde et ne vous plaint pas !
Naïf : C’est donc pour ça que mes mollets ont tellement mal ?
Dramatique : On tourne ! On grimpe ! On souffre ! On ne voit plus le val ! Et chaque kilomètre est un adieu au monde !
Admiratif : Quel organisateur, dont la malice est profonde, a tracé ce parcours avec un tel brio ! Qu’on maudisse son prénom tout en criant bravo !
Simple, enfin : Pierre… ce challenge… il est très bien… il est beau… Il est magnifique… — Oui. C’est vrai. C’est le mot juste.
Mais un peu court, quand même, pour un défi si auguste ! »
